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Polémique sur le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer

Le docteur Marc Zaffran, médecin français expatrié au Canada, s’élève contre la tendance actuelle visant à encourager les patients à subir de lourds examens médicaux pour détecter une éventuelle prédisposition à la maladie d’Alzheimer. Le médecin a publié lundi 26 juillet sur son blog internet un article expliquant pourquoi le dépistage précoce d’Alzheimer est inutile, voire dangereux.

Les tests de dépistage d’Alzheimer encore incertains
Devant le fléau que représente la maladie d’Alzheimer et l’absence de traitement efficace, certains scientifiques œuvrent pour la mise au point d’un dépistage, comme c’est le cas pour la maladie d’Huntington.
Dr Zaffran a décidé de réagir suite à un article publié le 13 juillet dernier dans le New-York Times dans lequel des scientifiques mettaient en avant l’existence de signes précurseurs d’Alzheimer, apparaissant bien avant les troubles de mémoire.
Pour éventuellement les détecter, les patients doivent se soumettre à un suivi médical très lourd, ainsi qu’à des examens médicaux invasifs, tel que le PET scan, la ponction lombaire etc.
Trop d’interrogations demeurent quant à l’utilité du dépistage précoce. Tout d’abord, les signes annonciateurs de la maladie ne sont pas encore clairement identifiés. Les examens biologiques et radiologiques mis au point ne permettent pas d’affirmer avec certitude si le patient développera ou non Alzheimer.

Le risque d’une discrimination des futurs malades d’Alzheimer
A la différence d’Huntington qui se déclare entre 35 et 45 ans, la maladie d’Alzheimer apparaît en moyenne après 65 ans. L’intérêt à ‘’savoir” est donc discutable.
De plus, les patients subissant le dépistage de Huntington ont forcement un parent sont porteur du gène, ce qui justifie plus facilement le dépistage. La maladie d’Alzheimer, quant à elle, reste sporadique dans 90% des cas.
Les résultats de ces tests risquent donc d’inquiéter à tort des patients, d’autant plus que ces examens sont réalisés sur des patients jeunes aux alentours de 50 ans, alors que la maladie ne se déclare que de nombreuses années plus tard! C’est donc le risque de développer un sentiment d’angoisse à long terme.
Et même si les tests de dépistage devenaient un jour fiables, ils auraient des conséquences dramatiques sur la vie du patient pour l’heure en bonne santé.
Les assurances-santé pourraient demander des sommes faramineuses pour couvrir les futurs malades, les employeurs refuseraient de les embaucher, et leur vie de couple seraient également affectée. Quel espoir resterait-il à ces individus, sachant que la maladie d’Alzheimer est incurable?

source:www.alzheimer-conseil.fr

Dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer amélioré au Québec

MONTRÉAL - Des chercheurs de l'Université Laval au Québec pensent pouvoir améliorer le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer, voire prédire son apparition grâce à un logiciel d'analyse de l'imagerie par résonance magnétique (IRM).

Une équipe conduite par Simon Duchesne développe des outils logiciels qui permettent de détecter la présence de la maladie à partir d'images du cerveau, a indiqué en substance le chercheur à l'AFP.

"La maladie provoque la mort des neurones, ce qui se traduit notamment par un amincissement du cortex. Ce qui peut être détecté par IRM", a-t-il expliqué.

Des techniques similaires ont déjà été étudiées aux Etats-Unis et en France. Mais M. Duchesne pense avoir une longueur d'avance.

La technique américaine, "si elle utilise également l'IRM (...) se base sur l'imagerie IRM par diffusion, qui essentiellement permet d'évaluer l'état de la matière blanche du cerveau", a expliqué M. Duchesne à l'AFP.

"Quoique la matière blanche soit vitale, la maladie d'Alzheimer est d'abord une maladie de la matière grise, soit des corps cellulaires. Incidemment, donc, la détection précoce est plus fiable si on analyse le signal provenant de la matière grise, ce que l'IRM structurelle que j'emploie permet de faire", a-t-il souligné.

Quant au logiciel élaboré en France par des chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS/Université Pierre et Marie Curie, Paris) en collaboration avec des équipes médicales de l'Inserm (institut public de recherche médicale) de l'hôpital de la Salpetrière à Paris et du Centre Cyceron de Caen, il ressemble à celui de leurs confrères québécois.

Mais il s'agit d'une segmentation automatisée du seul hippocampe. Or, la méthode du Dr Duchesne "prend en compte une zone d'intérêt plus large que seulement l'hippocampe, et permet donc d'atteindre un niveau de performance plus élevé", selon le chercheur. Aujourd'hui, un diagnostic sur cinq est erroné. Il espère réduire ce taux à un sur dix.

Il vient d'obtenir un financement de 750.000 dollars canadiens (742.000 USD), pour deux ans de recherches en vue de mettre au point son outil de diagnostic en travaillant avec plus de 60 centres au Canada et aux Etats-Unis.

(©AFP / 18 mars 2010 18h03)
source: www.romandie.com

Alzheimer: vers un dépistage sanguin


Des chercheurs canadiens ont découvert une nouvelle technique de diagnostic qui pourrait considérablement simplifier la détection de la maladie d'Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer est une affection neurodégénérative qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions cérébrales. Elle affecte généralement les personnes de plus de 65 ans et s'accompagne d'une panoplie de symptômes très pénibles. En Europe plus de cinq millions d’individus en souffrent et ce nombre devrait doubler dans les 20 ans. A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitements susceptibles de la soigner mais certains médicaments peuvent freiner son évolution.

Malheureusement, il n’existe pas non plus d’examens permettant d’affirmer la réalité de la maladie, seule l’étude anatomo-pathologique du cerveau après le décès conduit à un diagnostic définitif. Les médecins s’appuient donc sur un faisceau d’indices pour la dépister. Cette situation conduit souvent à des retards dans la prise en charge puisque le diagnostic dépend de l’efficience du médecin. Des chercheurs de l'Université McGill et de l'Institut Lady Davis pour la recherche médicale associé à l'Hôpital général juif (HGJ) de Montréal ont découvert une nouvelle technique de diagnostic qui pourrait considérablement simplifier la détection de la maladie d'Alzheimer.

Leurs résultats ont été publiés le 8 juin dans le Journal of Alzheimer's Disease. Pour diagnostiquer la maladie, ils ont utilisé une nouvelle technique très peu invasive appelée biospectroscopie proche infrarouge pour identifier les modifications dans le plasma sanguin des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Ces modifications sont détectables très tôt après qu'elles se soient produites, peut-être même pendant les phases précliniques de la maladie.

La biospectroscopie est l'équivalent médical de la spectroscopie, la science de la détection de la composition des substances qui utilise la lumière ou d'autres formes d'énergie. Lors d'une spectroscopie proche infrarouge, différentes substances émettent ou réfléchissent de la lumière selon des longueurs d'ondes spécifiques détectables.

Lors de cette étude, les chercheurs ont appliqué une lumière proche infrarouge à des échantillons de plasma sanguin prélevés sur des patients souffrant de démence précoce et de déclin cognitif léger, un état intermédiaire entre la cognition normale et la démence, et sur des sujets de contrôle âgés, en bonne santé. En utilisant cette technique, ils ont pu différencier les cas d'Alzheimer des sujets de contrôle en santé avec une sensibilité de 80 pour cent (identification juste des patients atteints de la maladie) et une spécificité de 77 pour cent (identification juste des personnes non atteintes).

Un nombre significatif de sujets atteints de déclin cognitif léger ont été testés positivement au sein du groupe de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, ce qui indique que le test pourrait être capable de détecter la maladie d'Alzheimer avant même que les symptômes des patients n'atteignent les critères cliniques de la démence.

Depuis des décennies, des chercheurs tentent de découvrir un marqueur biologique minimalement invasif qui pourrait différencier la maladie d'Alzheimer de l'état de vieillissement normal et d'autres conditions neurodégénératives. Ces premiers résultats, qui demandent à être confirmés, ouvrent la voie vers un test sanguin de dépistage.


J.I.
Sciences-et-Avenir.com
17/06/2009

source: http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/sante/20090617.OBS0918/alzheimer_vers_un_depistage_sanguin.html