Papier, crayon et gomme
Pourrai-je trouver une consolation dans ces lettres tapées au hasard, sur ma planche de boutons. Malgré les années qui ont voulu nous éloigner, malgré ma peine de jadis, ces années vécues clandestinement, malgré cette montée d’adrénaline qui nous surprend à chaque sonnerie, malgré moi, malgré lui, un sentiment avait su résister.
Nul ne sait, ni moi, ni lui, ni les jours de pluies et les heures passées à coté de la fenêtre, à attendre les phares de sa voiture, qui n’ont jamais éclairé ma chambre. Je l’ai vu grandir et s’éloigner. Je l’ai vu, de mes propres yeux, bâtir un chemin sur les dunes, à l’Est. Je l’ai vu marcher sur les sentiers, je n’ai jamais eu le courage de le rappeler. Lui rappeler notre rendez vous manqué et les notes infinies qu’on jouait, et cette musique qui nous faisait trainer. Si seulement...., il nous suffisait…
Il nous suffisait d’une heure, pour tout dessiner et tout effacer, d’un seul geste maladroit. Nous avons tant essayé de redessiner cette esquisse, mais…. Le temps est déjà passé, à essuyer mes larmes, qui abimaient le papier, et ce crayon n’a jamais sur se tenir, ni tracer, ni résister à la gomme qui le séduisait.





