La vie que nous menons, cette pièce tragicomique que nous vivons…
Spectateurs d’une pièce théâtrale du genre commedia dell’arte où l’on connaît d’avance l’issue et le sens de l’intrigue mais où l’on se permet de faire quelques semblants d’improvisations rien que pour le fun. Rien que pour meubler notre ennui. Rien que pour que les flashs qui s’abattent sur nos visages désabusés, immortalisent l’apparence d’un sourire.
Je fais semblant de prendre un risque, de participer à un jeu planétaire, d’être un libéral endurci, d’accepter que vous soyez différents.
Mais au fond… Je n’aime entendre que l’écho de ma voix.
J’aimerai mieux vous asperger de liquide inflammable et vous brûler vifs…
Je jubilerais face à vos corps carbonisés.
Mais, cela n’est hélas pas possible de nos jours, avec tout ce que l’on vous a appris comme conneries internationalement reconnues en tant que tel mais officiellement vénérées et érigées en tant que règles universelles à savoir les droits de l’hommes.
Je me brosse les dents à me saigner les gencives à chaque fois que je suis obligé de prononcer cette répugnante expression.
Il faut dire que j’ai tellement lancé de campagnes mensongères qu’à l’heure actuelle, il m’est naturel d’y croire fermement.
Même si je garde quelque part comme la lointaine conviction, que rien n’est vrai dans ce que j’avance.
Mais je mens quand-même.
Parce qu’en face, on me sourit… Bêtement.
Face à ce public de crédules, je ne pourrais que m’étendre dans mes canulars prenant un air sérieux pour faire plus crédible.
Je me sens kényan de nationalité, burkinabé de culture, malien de naissance, centrafricain d’adoption et haineux de conviction… Ou peut-être rien de tout cela…
Ce dont je suis au moins sûr, c’est que mon ennui et mon dégout, quant à eux, sont universellement enracinés.