Archive for the 'Racisme' Category

En marge de cet OM-PSG

L'affiche était alléchante. OM-PSG à Radés pour conquérir le trophée des champions.
Je pris la route deux heures avant et puis ce fut le bouchon du siècle. Deux heures à rouler à la première vitesse.
La route était archipleine, des vuvuzelas à perte de vue (et d'ouïe aussi).
Quand j'étais arrivé, le match avait déjà débuté.
Je n'avais pas réussi à trouver des billets du coté de l'OM pourtant j'éprouve beaucoup d'affection pour cette ville et ce club dont les habitants ont l'air forts sympathiques.
Mais tel un tiersmondiste dont les convictions politiques ne sont que le fruit du hasard, je me retrouvai assis du coté parisien, supportant Sarkozy corps et âme, moi qui le trouvait nullissime un jour avant. (et surement la journée d'après)

Pendant tout le match des supporters venus de Kabbaria, Ettadhamen, El Menzah et d'ailleurs ont tour à tour "sodomisé" Marseille puis le PSG à en croire les obscénités scandées par le public des deux équipes.
Le tunisien a une facilité déconcertante à applaudir celui qu'on lui désigne. Ce fut le cas du virage de l'Espérance qui supportait à tue-tête les parisiens sans même connaitre un seul joueur de l'effectif du club de la capitale.

A un certain moment, l'enfant du pays, Hatem Ben Arfa, fit une entrée fracassante devant 60.000 spectateurs qui l'acclamaient debout.
Il n'y avait plus de public parisien ici et de marseillais là bas...
Tout le monde n'avait d'yeux que pour notre Ben Arfa national.
C'était à vous donner la chaire de poule. Une belle revanche pour ce joueur qui avait été sifflé en France quelques années auparavant à l'occasion du match amical qui avait réuni son équipe nationale à la nôtre.
D'ailleurs, le joueur en question était hier la star incontestable de la soirée. Il était comme déchainé dés son entrée en jeu.
Il se jouait des adversaires avec une facilité à peine croyable.

Au beau milieu du match le virage de l'espérance qui était à ma droite commençait à chantonner des chansons propres à son équipe, oubliant qu'au début il avait totalement mué en spectateurs parisiens qui soutenaient farouchement les coéquipiers de Claude Makélélé.
Parmi les chansons scandées, une d'entre elles était particulièrement dégradante vis-a-vis des sahéliens qu'elle considérait, je cite "sales et impuissants".
Quatre sahéliens qui étaient assis juste là, et n'ayant pas supporté d'être insultés par la foule dans un match qui opposait deux clubs français, s'étaient insurgés contre cette injustice.
A peine croyable, le public entier s'était solidarisé d'un coup pour les attaquer à coups de bouteilles en plastiques, de gestes obscènes et de "rentre chez toi!".

Un ami d'origine sahélienne, m'avait mis en garde, une fois, sur ce danger qui guettait notre société.
Il me disait que sa communauté est haïe et que même à travers le foot on comprenait qu'il y avait une coalition à leur encontre.
Ces remarques me faisaient rire. J'ai toujours trouvé les théories du complot ridicules.
Mais là je commence à m'en inquiéter.
Les supporters dont je vous ai parlé ont du quitter le stade en catastrophe escortés par la police.
La foule ayant interprété qu'elle avait, finalement, eu gain de cause, se mettait à applaudir sa victoire méritée.
C'est tout simplement scandaleux.
Imaginez la scène... Une zone de non-droit, ou une foule d'ignares fait la pluie et le beau temps.
Me sentant outré, je me suis aussi levé de mon siège et quitté le stade sur le champ. Je ne pouvais plus rester sous peine d'être assimilé à ces cons de première qui prennent à partie quatre supporters parce qu'ils ont eu le culot de porter un maillot autre que celui du Club Africain ou de l'Espérance pour assister à un match-gala entre deux clubs qui n'en ont rien à balancer.

Nous sommes de la même ethnie, nous n'avons que très peu de minorités voire presque pas.
Nous sommes un pays tout petit géographiquement.
Pourtant on trouve le moyen de se haïr...
Honte à ces spectateurs irresponsables.
Je pense qu'on devrait prendre des mesures drastiques à leur encontre pour ne pas que se banalise de tels agissements dans un lieu public.
Quel exemple donnons-nous à ces jeunes enfants qui se délectent inconsciemment de ce spectacle sans comprendre la sauvagerie de la scène...
Ce problème de communautarisme n'est pas propre aux supporters de la capitale, en fait. On pourrait trouver les mêmes scènes à Sfax, Sousse et ailleurs... Ce qui rend la situation d'autant plus alarmante...
Sinon j'ai passé une soirée fort plaisante.


P.S: si je n'avais pas été invité à ce match il se peut que j'aurais refléchis à deux fois avant de faire le Don Quichotte et quitter le stade prématurément.

L’ART DU MEZOUED, UNE HISTOIRE MÉCONNUE

Des années 50 à aujourd’hui, le Mezoued a traversé l’histoire sociale et musicale de notre pays. Pourtant le Mezoued, art musical à part entière, composante essentielle de l’art populaire musical tunisien – el fen chaâbi- demeure peu étudié, quasiment non référencé et non intégré à l’enseignement musical en Tunisie. C’est que études et travaux de recherches pendant de nombreuses décennies et quasiment jusqu’au début des années 90 ont très souvent privilégié ce que l’on appellerait les politiques culturelles officielles ou savantes. Aujourd’hui les choses semblent bouger. Hommes de culture, musiciens, chercheurs en musique et en anthropologie entament ce travail nécessaire sur un pan entier de notre art musical populaire largement méconnu et confiné dans le seul répertoire oral. Une démarche scientifique et artistique contemporaine qui se nourrie des nouvelles orientations mondiales en matière de recherche culturelle, orientations issues de la totale refonte des disciplines culturelles et des sciences qui leurs sont consubstantielles, à l’instar de l’anthropologie, de la sociologie et de l’histoire.

Sources, Influences et confluences

Le Mezoued désigne d’abord l’instrument -une sorte de cornemuse- et par métonymie le chant qui se base sur cet instrument. En tant qu’instrument, le Mezoued est une outre (Chak’wa) en principe à peau de chèvre. En elle-même, l’outre n’est rien d’autre qu’une espèce de chambre à air permettant au joueur d’y emmagasiner autant de souffle que possible pour pouvoir respirer par à-coups. Elle est dotée de deux bouts de rosier parallèles perforés à la manière d’une flûte qui permettent les notes. Et comme tout le monde le sait, le joueur du Mezoued est accompagné, de part et d’autre, de percussionnistes, généralement des joueurs de Darbouka et de Bendir (tambourin). Le chant, lui, n’est pas stable, tantôt soufi, tantôt profane, c’est-à-dire avec des paroles alliant l’éloge et l’élégie.

Selon le musicologue Zouheir Gouja, Maitre-assistant à l’Institut de Musique de Tunis, le Mezoued est né dans les Zaouïa (temples de marabouts). Dans les années 60 y compris dans sa version R’boukh, ce qui formait l’axe central, ou plutôt l’âme, de ce genre de chant populaire ce sont les chansons soufies (éloge de Sidi Mehrez, Sidi Belhassen, Essayyda El Mannoubyya, Sidi Ali Azzouz, Sidi Abdessalem, Sidi Ali El Hattab, etc). Pourtant les origines « sacrées » du Mezoued sont peu connues, si le spécialiste des expressions culturelles populaires Ali Saïdane les évoque dans son étude intitulée « le Mezoued: du ghetto au top 50 », peu de gens se souviennent des origines fondatrices. C’est que les pionniers sont décédés avant que cette nouvelle race de chercheurs ne s’intéressent aux arts populaires jusque-là considérées comme mineurs. Les grands artistes du Mezoued soufi à l’instar de Khatoui Bou Oukez et Chédly El Meddel sont aujourd’hui décédés sans qu’aucune trace de leur parcours ne soit sauvegardée. Dans une recherche que nous avons longuement entreprise en vue de la réalisation de notre documentaire sur l’art du Mezoued, nous avons rencontré l’un des derniers témoins de cette époque, ayant lui même appris son art auprès des illustres vétérans susmentionnés mais également auprès des «Mezewdia » juifs de Tunis. En effet, Moustapha Ben Romdhane (alias Moustapha Gattel Essid) est l’un des derniers vétérans, encore en vie, à avoir pleinement vécu l’époque glorieuse du Mezoued « liturgique », dans sa forme originelle de Nouba ( silsila), très prospère jusqu’à la fin des années 60 y compris au sein de la communauté juive de Tunis et pratiquée par des musiciens qui s’installèrent plus tard en France à l’instar de Maurice Mimoun, Joseph Berrebi, Raoul Journou ou encore Lalou Kahlaoui qui furent à leur tour formés par le célèbre défunt Khammous. En 2007, sollicité par le musicologue Mourad Sakli, soucieux de répertorier ce précieux patrimoine et d’enregistrer la silsila des noubas sous la houlette du dernier vétéran, Moustapha Ben Romdhane a donné un concert mémorable au Palais Ennejma Ezzahra dans le cadre des Rencontres Des Musiques Traditionnelles et Néo-traditionnelles.

Comment expliquer ce regain d’intérêt tardif pour le Mezoued? En réalité, dans la musique et le chant populaire tunisien, le Mezoued, en tant qu’instrument et genre de musique et de chant, occupe une place à la fois privilégiée et à part. Contrairement à la Zokra ( bombarde) et à la Gasba (flûte maghrébine), son intégration même à l’art populaire tunisien fût problématique. Longtemps, on s’interrogea sur « l’authenticité » de ses origines et sur son rattachement au répertoire tunisien. Confiné, un temps, dans le statut d’un instrument « intrus », ramené par la voie maritime, par les dockers (origine donc européenne d’une forme de cornemuse, plus tard personnalisée), des recherches plus récentes (notamment celles du musicologue Zouheir Gouja et de Fethi Zgonda, musicien et auteur d’un ouvrage de référence sur l’anthologie de la musique populaire tunisienne) attesteraient des origines bédouines maghrébines du Mezoued et plus particulièrement libyennes. La cornemuse aurait été d’abord amenée par les bédouins nomades du Maghreb, pour être en un premier temps, adoptée et transformée par les compagnes tunisiennes du Sud et du Centre, pour finalement s’acheminer, par l’exode rural, vers le Début du 20 siècle, vers les villes tunisiennes et d’une manière déterminante vers Tunis, la capitale.

Au creuset du Malouf et du bédoui

Oubliées les origines « sacrées » du Mezoued ( qui ressusciteront néanmoins en 1995 avec le chanteur Hédi Donia), tout un chacun connait aujourd’hui le Mezoued sous sa version festive. Celle-ci remonte au début des années 60, à l’aube de l’indépendance. Seulement, c’est d’abord à Ismaïl El Hattab que tout remonte. C’est d’abord lui qui imposa le chant Bédouin, la source vitale du Mezoued et c’est également lui qui formera au chant (parfois par la simple écoute) et aux instruments, les figures marquantes du Mezoued dont Hédi Habouba, Mohamed Ennouri et Ahmed Badous…

Ismaïl EL Hattab est en lui même une école (dont certains modes musicaux ont disparu avec lui), il a eu l’immense mérite de diffuser la musique bédouine populaire à Tunis mais il est, à proprement parler, dans le registre Zocra. Si comme nous le disions plus haut, nombre de musiciens lui doivent leur formation première, le Mezoued se distingue parfaitement du registre bédouin. Le Mezoued est un art citadin. Ses figures de proue, des pionniers à nos jours, dont les parents sont issus de l’exode rural, sont soit, pour les plus anciens, nées dans les faubourg de la médina, soit, pour les plus jeunes, dans les nouvelles cités du grand Tunis. Musique citadine née principalement à Bab Jedid et Bab laqouess, le Mezoued est selon le musicologue zouheir Gouja le creuset et la rencontre de plusieurs genres musicaux: la musique mystique issue du maraboutisme ( les nouba et les touroukias), le stambali (forme musicale maghrébine de la communauté noire de Sidi Abdessalem à laquelle le Mezoued emprunte ses pulsations) et enfin du Malouf ( musique savante citadine d’origine andalouse dont le Mezoued partage l’ensemble des modes).

Puisant dans les modes citadins et ruraux, dans les registres du sacré (dhkir, nouba) et du profane, exprimant la particularité des gens de l’exode, mais attirant dans son sillage une écoute nettement plus large, le Mezoued n’a cessé de glaner un succès grandissant. Ce succès continu s’est fait en dépit des restrictions draconiennes des années 70 et 80 durant lesquelles le Mezoued a été écarté de la télévision tunisienne et aujourd’hui plus que jamais, médiatisé et commercialement florissant, le Mezoued continue à connaître un succès fulgurant et à rayonner au-delà des frontières Tunisiennes.

Quelques parcours emblématiques

Durant les années 70 et 80, et avant même sa réhabilitation officielle entreprise dans les années 90, les chanteurs du Mezoued sont devenus de grandes vedettes, dont le chant de rayonnement a intégré l’Algérie, le Maroc, la Libye et la communauté maghrébine de l’immigration en Europe: Habouba, Farzit, H’Mid Badous et Abdelkarim Fitouri constituent les exemples éloquents de ce succès phénoménal. Leurs mérites autant que leurs talents sont immenses. Chanteurs peu ou voire pas du tout scolarisés, ils n’ont pas acquis le savoir de l’école, mais ils ont cultivé le savoir de la vie et celui de la musique, leurs « oreilles » et leurs « gorges » sont des réservoirs de connaissances musicales du Mezoued mais également des modes « aroubi », d’un pan entier du patrimoine musical bédouin et donc de la grande majorité du répertoire musical tunisien. Pourtant, la gloire n’est pas forcément le lot des chanteurs du Mezoued, nombreux sont ceux qui ont connu la déchéance de l’oubli ou de la prison, c’est le cas de Salah Farzit ( vedette des années 70) et d’une grande majorité qui connurent la célébrité puis sombrèrent dans l’anonymat à l’instar de Abdelkarim Fitouri, de Mohamed Ennouri et de H’mid Badous. Seuls les plus téméraires, ou les plus doués, à l’instar de Habouba, ont su se maintenir au diapason.

Ces noms, désormais historiques, continuent à faire rêver les plus jeunes dont une partie, pour la première fois diplômés de l’Institut de Musique de Tunis à l’instar de Hichem Khidhiri ( fidèle à la tradition) et de Mounir Troudi (qui allie Mezoued, Zocra et Jazz) se fraie un chemin de plus en plus innovant.

Sous l’emprise d’une réputation sulfureuse

En dépit du fait que le Mezoued occupe objectivement le premier rang de la musique tunisienne, et tel que nous l’avons souligné plus haut, le Mezoued, sur le plan musical, scientifique, anthropologique et culturel, demeure un grand « inconnu »! C’est que selon notre enquête la cornemuse à l’instar des nombreux instruments traditionnels tunisiens n’est enseignée dans aucun institut de musique en Tunisie ni même au sein du Conservatoire des Arts Populaires! Selon Zouheir Gouja, le Mezoued (mais également la musique bédouine et le chaâbi), a été banni des instituts de musiques fondés dès l’Indépendance. Du coup, pas de formation réelle, pas de transmission de savoir: des instruments sont jetés aux oubliettes, des modes sont éteints, un patrimoine se perd et se dilue dans l’approximatif et la mésestime… Ni son passé n’est archivé, écrit, noté, transmis, ni son avenir n’est appréhendé, réfléchi, problématisé, …Hédi Habouba affirme parcourir toute la république pour dénicher quelques talents en herbe qu’il prend ensuite à charge de former. Il dit même enseigner les rythmiques du Mezoued ( guita, âlaji, zeli, fazani..) aux États-Unis alors qu’ici aucun conservatoire ou Institut tunisiens ne lui propose de dispenser ce type d’apprentissage. Force est donc de se demander les raisons de cette mésestime voire de cette marginalisation. La réponse première serait tributaire de la réputation sulfureuse du Mezoued, celui-ci est souvent associé à l’alcool, à la drogue et à la prison. Mais est-ce bien raisonnable? Ces mêmes travers n’ont empêché ni le Jazz, ni le Raï, ni le Rap d’être reconnus comme des arts musicaux à part entière. Selon Saloua Hafaidh, diplômée de l’Institut de Musique de Tunis, ayant consacré son master d’étude approfondie au Mezoued, cette attitude hostile au Mezoued serait plutôt tributaire d’un conflit de classe et d’un dédain dû notamment aux origines pauvres et issues de l’exode rural des Mezewdia. Un dédain aujourd’hui encore perpétué par une certaine hypocrisie sociale qui fait que l’on ne peut se prévaloir d’être une personne de goût et de culture et reconnaître aimer le Mezoued! Ali Saïdane dans son article susmentionné rappelle que l’on ne peut s’arracher ce morceau de patrimoine de notre âme, qu’on le veuille ou non ! Il affirme qu’il est grand temps d’intégrer et de prendre en charge le passé, le présent et le devenir du Mezoued en particulier et des arts populaires en général par la reconnaissance de sa valeur musicale et sociale ( préservation, formation et transmission) et de tenter de remédier à ce qu’il considère comme étant le constat d’échec de certaines élites tunisiennes. D’abord celle des années 30 qui avait pris parti pour les expressions musicales «savantes » et aristocratiques, d’un coté et celui des expressions mimétiques de la chanson égyptienne sans avoir les moyens d’atteindre les niveaux de celles-ci et qui –à l’exception d’une minorité très vite isolée- estimait que les expressions populaires « ne méritent ni égards ni respect », alors que l’histoire a prouvé que seule l’âme populaire est capable de défier le temps. Ensuite celle de l’Indépendance qui a dénié à la société le droit de disposer librement de sa vie artistique et spirituelle et qui a poussé les expressions du Mezoued vers le «maquis » des bas fonds et certaines voies de la dégénérescence. Et puis l’élite musicale officielle d’après l’Indépendance qui a considéré que les expressions musicales populaires sont un «art mineur » et sans intérêt, indigne de figurer dans les programmes d’enseignement musical et de la création artistique. Et enfin les responsables des programmations audio-visuelles qui ont souvent encouragé des formes d’expression musicales médiocres et des expressions étrangères à la société et à ses racines.

A l’antipode de cette analyse, certains aujourd’hui dénoncent une déferlante Mezoued. Le Mezoued occupe effectivement le hit parade des ventes de la musique tunisienne, dispose épisodiquement du prime time des émissions de divertissement de la chaine étatique télévisuelle Tunisie 7, souvent celui de la chaîne privée Hannibal et des ondes de la radio privée Mosaïque. Cette reconnaissance et cette réhabilitation médiatique sont-elles tout simplement proportionnelles au rayonnement populaire du Mezoued? Sont-elles une revanche, s’il en faut exaspérante, d’un art longtemps confiné dans la marge? Faut-il se féliciter de l’excellente teneur artistique de certaines chansons ou s’offusquer des sonorités dissonantes de certaines d’autres et de la tendance actuelle à chanter « Mezoued » selon des modes étrangers à la culture traditionnelle originelle?

Sur les colonnes de notre journal (La presse du 19/03/ 2008), Salah El Mahdi diagnostique l’état de la musique tunisienne, il dit: «  Le problème aujourd’hui se situe, à mon avis, au niveau des professionnels eux-mêmes. La profession, dans son ensemble, bascule, on ne sait pourquoi, dans une pratique musicale le moins que l’on puisse dire inconséquente(…). En été à La Goulette, il vous parvient aussi l’écho du Mezoued… Avec le Mezoued, c’est différent. Au moins, là, il y a un côté tunisien. Vous savez que j’ai été l’un des premiers à introduire la sonorité du Mezoued dans la chanson tunisienne. Seulement voilà, il y a certains «Mezewdia» qui veulent orientaliser ce chant et cela n’est pas acceptable. »

A notre avis, ce qui est encore plus inacceptable voire absurde c’est de maintenir le Mezoued, et les autres arts populaires tunisiens, à l’écart du savoir musical, anthropologique et culturel de notre pays et de reconduire des concepts obsolètes de type art mineur et art majeur, art « low » ( inférieur) et art « high » ( supérieur) abandonnées depuis plus de cinquante ans par le monde de l’art et de la pensée artistique, philosophique et sociale du monde entier.


Etre ou ne pas être raciste?

Sommes-nous, peuple tunisien, la crème des peuples, un peuple raciste? Avant d’aller plus loin, voyons ce que veux dire le mot raciste: « Le racisme est une idéologie consistant à hiérarchiser des groupes naturels humains, désignés souvent sous le terme de races, à partir d’attributs naturels, visible ou non (physiques, psychiques, culturels, etc) des caractéristiques morales ou [...]

Leïla ou la femme de l’aube, l’annonce du désenchantement et de la transcendance

Lecture dans la deuxième partie de Leïla ou la femme de l’aube

par Mohamed Bahi

Il y a quelques semaines, je vous ai proposé la lecture de M. Mohamed Bahi, professeur de lettres françaises de l’université marocaine, du texte introducteur de mon roman Leïla ou la femme de l’aube, et aujourd’hui, je récidive, en vous soumettant sa lecture du texte introducteur de la deuxième partie

Texte introducteur de la deuxième partie ou l’annonce du désenchantement et de la transcendance

Le texte introducteur de la seconde partie est pris en charge exclusivement par le narrateur anonyme. Son regard se focalise sur Leïla qui traverse l’avenue Habib Bourguiba à Tunis : les grands édifices se déploient devant elle et créent l’espace extérieur à arpenter – le théâtre municipal, la banque avec ses comptes corrompus, l’Ambassade de France (évocatrice du rapport à l’Occident). L’art, la finance, la présence extérieure, – la France, ancienne puissance coloniale – se côtoient en autant de signes à déchiffrer. L’indicateur temporel, 11 septembre, souvenir d’un événement tragique, – allusion aux attentats de 2001 contre les U.S.A -, sans précision exacte de l’année, temps de l’écriture – déclenche en elle un désir de se faire pulvériser, elle et tous les badauds qui envahissent la rue, par une bombe ; s’élever au rang de martyr, se faire tuer en accomplissant un acte héroïque dans l’espoir de réveiller son peuple de sa léthargie. Elle dit que c’est un sort atroce ( respirer la charogne) qui attend les « conards », allusion à ce peuple qu’elle qualifie de vain et qu’elle décrit obnubilé par la consommation (emplettes, sachets en plastique, cartons de vaisselle).

Rentrée chez elle le soir, elle pense à un suicide qui serait une mort digne, une mort qui donnerait un sens ultime à son acte. En ouvrant la fenêtre, elle souhaite se dissoudre dans le néant, s’envoler comme un oiseau et échapper à une atmosphère étouffante et oppressive ( ouverture de la fenêtre). En consultant la rubrique de nécrologie d’un journal, elle souhaite y lire la mort de Iteb, ou plutôt la mort de l’amour dont elle n’arrive pas à se défaire. La mort devient ainsi une obsession : partir, mais comment ? Leïla sombre dans une angoisse : elle ne supporte ni la violence perpétrée contre les faibles ( le frère de sa copine d’école battu par son propre père, Souad sa voisine engrossée, abandonnée qui s’est suicidée), ni la résignation d’un peuple passif qui se laisse guider par ses instincts, ni la vie dans un pays sous surveillance policière : « une vielle quadrillée par ses sbires ». «  Leïla s’ennuie de vivre »? Pour chasser ces images et se donner des forces, elle recourt à la musique, remède habituel. Mais elle n’arrive pas à retrouver son calme, la violence des images d’un film vu la veille où deux hommes agressent et violent une adolescente la tourmentent sans cesse. Leïla essaie de percer le secret de cette violence chez l’homme en essayant de la vivre. Angoissée certes, elle résiste et garde espoir dans l’avenir. En attendant, Leïla s’est coupée du dehors en érigeant autour d’elles des murs qui la protégeraient d’un monde féroce et désinvolte. Toutefois la rencontre avec Nada, une ancienne condisciple, la tirera de son enfer et influencera la suite de ses récits, jugés moins transparents.

Contrairement au texte introducteur de la première partie où deux narrateurs se relaient, celui de la seconde partie est relaté exclusivement par le narrateur. Les paroles de Leïla sont rapportées sous forme de discours directs (passages écrits en italique) ou sous forme de discours narrativisés.

Le texte est soumis à une organisation rigoureuse, plutôt logique que chronologique :

- Désarroi de Leïla  et souhait de mort ;

- Les causes de l’angoisse de Leïla : la violence contre la femme (film) ; la léthargie et la dérive sociale (attentat)

- Rencontre de Leïla avec Nada : bouée de sauvetage ;

- Retour aux causes de l’angoisse de Leïla : la violence contre les faibles ; l’attrait du vide et de l’anéantissement

- Lettres de Leïla à Iteb dans l’espoir de le récupérer, annonce de l’échec de l’entreprise de Leïla vivant dans une ville sous surveillance policière (écho de la sixième lettre de la première partie, Citoyens vos papiers, où par l’évocation des funérailles du Leader Habib Bourguiba, Leïla exprime son indignation: « comment osent-ils nous dénigrer, nous mépriser à ce point? »

Une autre organisation, sous-tendant le texte introducteur, est rendue par les formes verbales, l’alternance des temps commentatifs et des temps narratifs: le récit commence par le temps présent : bouillonnante, « Leïla marche en bas des escaliers » et nourrit le sentiment de se faire exploser. Avec le présent, s’expriment la proximité et la tension,  avant que le temps futur, par lequel se profile une lueur d’espoir à l’horizon, ne surgisse : « Nada émergera du tréfonds de l’amitié de naguère », ces deux temps relèvent des temps commentatifs.

Le récit enchaîne ensuite avec les temps narratifs : «  Lorsqu’au détour d’une rue, une jeune femme la bouscula », Leïla se projette dans un passé lointain qui l’arracherait à un présent impitoyable, mais ce passé est fait d’actions ponctuelles de courtes durées ; passage qui relate la rencontre entre Leïla et Nada ; puis c’est le retour aux temps commentatifs : « Depuis que Leïla a vu ce maudit film »,  c’est encore le retour de la tension avec des scènes au passé composé qui continuent à peser sur le présent : « Depuis que Leïla a vu ce maudit film de viol et de mort, que d’images de son adolescence ont jailli ! […] Leïla est fatiguée du monde ?»; Leïla a été témoin de bien des violences durant son adolescence ; puis enfin, c’est le futur avec les lettres pour Iteb à qui Leïla s’attache encore. Parviendra-t-elle à le faire plier ? Le narrateur est catégorique : « ses lettres échoueront plus haut… ». Le récit oscille entre un présent douloureux, un passé déconcertant et un avenir miroitant un certain espoir.

La prise de position du narrateur à l’égard de Leïla est manifeste : cette attitude est soulignée par l’adjectif « lâche » dont il la qualifie ; La substitution du nom propre par le nom commun «  la lâche Leïla » (antonomase en jargon rhétorique) ravale Leïla au rang d’un personnage ordinaire, C’est Nada qui occupera, paraît-il, le premier rang dans la suite du récit. Les récits de Leïla qualifiés de « marécageux », autrement dit de boueux, de peu clairs, confirment cette «  dévalorisation ». Les tentatives de Leïla de récupérer Iteb s’annoncent vaines ; ses lettres, selon le narrateur, s’évaporent au-dessus des collines et d’une ville oppressive. Faudrait-il se fier aux paroles du narrateur? Si oui, la lecture de la suite du roman serait inutile. Cependant le narrateur ne justifie pas -pour le moment- la lâcheté de Leïla ; son attention se concentre, en premier lieu, sur Nada. Le lecteur se voit ainsi entraîné à achever la lecture du récit pour en connaître les tenants et les aboutissements. En tout cas, les lettres de Leïla finissent par devenir un alibi pour aborder la violence qui secoue la société, la condition difficile d’un type de femmes, le racisme, la lâcheté d’une population guidée par ses instincts et enfin la tyrannie ordinaire à laquelle est soumise la ville/le pays. Leïla est-elle lâche? Peut-elle faire preuve, à contre courant de ces implacables déterminismes sociaux et politiques, de courage voire d’obstination? Le narrateur qui se plaît dans sa fonction de contrôle détient l’information ; Leïla est de retour à Tunis, mais il n’en révèle pas les raisons. Ses informations sont-elles, alors, complètes ? Leïla réussira-t-elle, malgré tout, à faire revenir Iteb? Son entreprise était-elle en définitive uniquement nourrie par le désir de se réconcilier avec son amoureux d’enfance? Leïla ne tenterait-elle pas plutôt à travers son obstination amoureuse, à raconter tous ses sabotages sociaux, religieux, politiques qui font que la majorité des siens sont dessaisis de leur propre vie, de leur histoire personnelle et intime, collective et citoyenne? Par son acte d’écriture, Leïla ne transcende-t-elle pas en définitive tous les clivages et toutes les barrières pour s’accorder une voix (et une voie) de liberté?


Récit d’une vie à deux voix, Leïla ou la femme de l’aube

voici la lecture de M. Mohamed Bahi,  professeur de littérature française du Moyen-Atlas ( Maroc) du tout premier chapitre de mon roman Leïla ou la femme de l’aube (elyzad/ 2008), prix Comar du premier roman (2009) et prix Zoubeida B’chir de la création féminine (2008).

Entrée ou Hors d’oeuvre

Le texte introducteur de Leila ou la femme de l’aube est pris en charge par deux instances narratives : un narrateur anonyme et Leila , le personnage principal, du moins dans ce premier chapitre sans titre.

Le récit, pris en charge par un narrateur anonyme, se déploie sous le regard du lecteur. Les actions, semblables à des touches d’un peintre qui donne, à l’aide de son pinceau, des coups de brosse sur sa toile : Leila lave le sol à grande eau. Elle déverse l’eau des seaux dans toutes les pièces de son nouveau logis. Le lecteur a droit à une information : Leila s’installe dans un nouveau logement ; pourquoi ? Peut se demander le lecteur. Le regard se focalise ensuite sur les carreaux et débouche sur une description….la narration se met en place : tentation du récit, avec des images mouvantes où viennent s’incruster des souvenir d’un corps épuisé. Le narrateur, à proximité de Leila, l’interpelle : « Tes yeux Leila, sont aussi sensibles qu’une peau érodée ».

Leila arrache la parole au narrateur et se présente en apparaissant sur l’écran : âge, identité, situation familiale,(autant de points susceptibles d’être développés), aventure amoureuse, un peu détaillée, avec un certain Iteb, dont la narratrice ne donne aucune caractéristique.

Elle se contente de nous révéler qu’il vit en Occident (mais dans quel pays ?, le lecteur devra attendre). Le Nord qui sera opposé au Sud en matière d’amour. Puis c’est le retour à une mémoire chaotique faites d’images amassées en Orient et Occident. Leila puise dans le coran un verset pour traduire l’état de sa mémoire : Images ténébreuses comparables à des vagues qui se superposent sur une mer insondable. Ce travail d’intertextualité révèle, en plus du nom (Leila) l’appartenance culturelle et géographique de Leila.

Le premier narrateur lui arrache à son tour la parole et rappelle une scène de la veille: Leila dans sa nouvelle habitation: la fatigue de Leila est rendue par des comparaisons : allongée sur le sol, pareille à une morte, immobile comme une bête agonisante. Endormie, elle est envahie par des rêves quelques fois cauchemardesques : Vautours voraces, elle vit l’aigle dévorer les morceaux de sa proie. Un autre passage écrit en italique est un autre texte dont l’origine n’est pas précisée comme cela été le cas pour le verset coranique ( c’est de quel auteur!). Les images du torero, de l’antichrist et Leila coincée entre ces deux images. Peut-on avoir un dehors si on n’a pas un dedans?

Le narrateur prend ses distances avec le personnage de Leila. Cette distance est soulignée par l’emploi des temps du récit ( imparfait, passé simple) ; dans sa première intervention (premier paragraphe) où il utilise le temps du discours ( le présent en l’occurrence) et par l’emploi du tu. Mais il finit par se rapprocher d’elle et en revenant aux temps du discours : Engloutie par un abîme, Leila se souvient. La mémoire trouée, soulignée par une belle métaphore, laisse filtrer des bouts de souvenir, indépendamment de la volonté de l’héroïne enfiévrée, : «  Sa mémoire, un tamis usé secoué par des mains fébriles, laisse échapper les images du passé » . Le narrateur premier revient à la scène du lavage du sol avec une précision : « Ce matin, elle lave le sol à l’eau de Javel ». Mais travail inachevé dont se chargera le vent. Sinon l’orage détruira le récit et écrira un autre texte à la manière d’un cadavre exquis où la forme précèdera le sens. . C’est le retour au méta-récit comme au commencement du roman

Le narrateur premier prend le récit en charge soit à travers un récit narrativisé soit à travers un récit rapporté » ( Puis-je encore, se dit-elle, supporter) ; Ah ! se dit-elle les lettres de mes amoureux » Le regard se focalise sur les objets : cartons, vêtements…. Leila, comme dans ses souvenirs, ne parvient pas à mettre de l’ordre dans « le chaos de son existence «  le courage lui fait défaut ». Elle essaie de se débarrasser de ses vêtements et de ses objets chargés de souvenirs. Ses doutes de refaire une nouvelle vie, même en changeant de ville, la tourmentent :

-Son entreprise est vaine

Pourra-t-elle vraiment recommencer à zéro ?

Dans son for intérieur, elle sait bien que le fil est rompu et quand bien même elle réussirait à coup de persévérance à s’intégrer, elle n’en veut plus.

Leila est à bout de ses forces. Le pays est pour elle une cellule où elle étouffe. Les autres lui empoisonnent la vie. Elle est étrangère et sans appui dans son pays :

Puis-je encore, se dit-elle, supporter cet univers âcre et humide comme une cellule de prison, affronter ses risibles et implacables hypocrisies. Toutes les viles de ce pays sont avides et ingrates.

Le regard dynamique se focalise cette fois sur un carton de souliers rempli de lettres, une tactique pour orienter le récit vers l’objectif tracé. Lectures de morceaux de lettres : l’une des premières lettres dédiée à son premier amour est révélatrice d’une période d’insouciance et d’innocence : amour intense des deux tourtereaux âgés de onze ans, baignades dans la mer, la fraîcheur des corps, la saveur de l’eau, caresses, sourires, odeurs enivrantes des corps. Leila donne pour la première fois quelques caractéristiques physiques de Iteb : ta peau d’ébène, l’éclat de tes yeux couleur safran ; l’index de tes mains potelée.

Suite à la lecture de ce passage, Leila continue de révéler ce passé au style direct ; le premier narrateur se tait de nouveau. Ce retour en arrière, d’une portée de quinze ans, sera suivi d’une ellipse de plusieurs années : des années plus tard, bien plus tard ». Elle rapporte des bribes de parole de Iteb , puis se rappelle son visage et complète la description qu’elle en a faite : Ce visage, au menton carré, aux lèvres charnus, au front si lisse ». Ce visage habitera Leila qui le cherche dans ses errances en dévoilant que des différends entre les deux amants ont commencé à partir de leurs seize ans, cinq ans après le début de leur relation. C’est au collège de Byrsa, indication topographique à l’intention du lecteur, c’est en Tunisie, et plus précisément à Carthage que se passent les premiers événements.

Une autre ellipse : «  j’ai vingt-huit ans” .  Nouvelle vie, univers intellectuel, les regards haineux portés sur les femmes et les étrangers. Le lecteur se demandera pourquoi les étrangers. Au lieu de décrire le lieu comme traducteur des sentiments ( tristesse, chagrin, aigreur, comme le veut la tradition réaliste) la narratrice suggère qu’elle constitue, elle et le monde extérieur deux univers différents qui n’arrivent pas à communiquer.

De nouveau une ellipse : « à la veille de mes trente ans, mon regard perce les alliances claniques, le mercantilisme des rapports ». Leila a mûri dans la souffrance. Elle commence à sentir le poids des coups qu’elle encaisse ; Parler de ces choses ne peut que la faire souffrir davantage. Un tu, premier amour ou un autre ? le lecteur ne le saura qu’au paragraphe suivant, c’est Iteb. Que signifie ce nom : s’agit-il de la traduction du mot arabe ÎTAB, qui veut dire reproche ?

Leila cède la parole au narrateur anonyme : elle écrira une lettre à Iteb chaque jour, elle rompra sa retenue pour l’enfermer dans les souffrances où il l’avait enfermée. Humiliée, elle se révolte et décide de subjuguer son premier amour par l’écriture, A la manière de Ariane, Iteb (Thésée) va-t-il revenir sain et sauf ou sera-t-il dévoré par le Minotaure ? ne trahira-t-il pas Ariane ? le lecteur se posera assurément ces questions. Mais Leïla ( Ariane) ne se laissera pas faire, elle refuse le sort d’Ariane, elle décide de se transformer en vampire pour sucer le sang d’Iteb, en araignée pour l’enfermer dans sa toile, en une terre inondée pour redonner vie. Ce sont là autant d’images qui traduisent la détermination de Leila. Réussira-t-elle ou non dans ces tentatives ?

Leïla se met devant son ordinateur : ce premier chapitre n’est-il qu’un prétexte pour déclencher l’écriture ? S’agit-il d’un hors d’œuvre pour inviter le lecteur à dévorer le livre ? Le lecteur ne sera-t-il pas la proie d’une narratrice avide?

Mohamed Béhi


La définition étymologique de l’antisémitisme et la dérive

Dans le cadre du boycott massif de Durban II, je me penche encore plus sur l'étymologie des mots... Ce qui dérange et ce qui est utilisable et utilisé. En parlant d'antisémitisme, je suis outré de voir la manipulation des propos, la discrimination de la parole et le sens contourné des mots. 

"Acte antisémite", on entend parler de ce type de racisme très souvent dans les médias français.
Cependant, étymologiquement parlant, l'antisémitisme est un racisme envers tous les peuples sémites. 
Les peuples sémites: Les Sémites sont un ensemble de peuples utilisant les langues sémitiques. Les peuples sémites, regroupent plusieurs peuples différents, et dont les individus les composant sont, notamment pour les Arabes et les hébraïques. La seule utilisation de l'adjectif « sémite » (ou « sémitique ») fondée scientifiquement se fait dans le cadre de l'étude des langues : on désigne alors sous ce vocable la langue arabe, la langue hébraïque.

On parle d'un antisémitisme religieux musulman envers les juifs. 
On peut ne pas être d'accord avec la spoliation d'une terre et ne pas être raciste. Cependant, la diabolisation de l'islam est un pain béni pour ces philosophes et penseurs de l'occident qui peinent à trouver des sujets de discussions et de cogitation intéressant, pourquoi pas parler de ces religieux qui se déchirent entre eux. 
Le monde arabe réclame une justice... c'est tout.
Je rappelle que durant des siècles l'antisémitisme ou l'anti-judaïsme a été largement commis par des chrétiens nourris par un extrémisme et une incompréhension et une intolérance religieuse. 
Soyons digne et juste.

Durban II: Le Boycott, un signe d’intolérance d’Israël

Le boycott, arme fatale pour fuir la confrontation. 
La machine médiatique et diplomatique de l'état d'Israël a bien fonctionné cette fois-ci. 

Durban II, c'est quoi ?

Durban, c'est un ville d'Afrique du Sud, où c'est déroulé la première conférence "Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée",  du 31 Août au 7 Septembre 2001. A l'issu de cette conférence, Israël était très révolté en effet le débat c'est un peu penché vers le conflit palestinien et les pays arabes se sont acharnés contre Israël d'après l'état hébreux. En effet, dans le rapport final de cette conférence Israël y est cité plus d'une fois. Durban II, est la conférence d'examen de Durban qui aura lieu a Genève du 20 au 24 Avril 2009.

Je vous ai choisit les extraits qui me semblent très pertinent.
"63. Nous sommes préoccupés par le sort du peuple palestinien vivant sous
l’occupation étrangère. Nous reconnaissons le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un état indépendant, ainsi que le droit à la sécurité de tous les États de la région, y compris Israël, et engageons tous les États à soutenir le processus de paix et à le mener à bien rapidement;"
"151. En ce qui concerne la situation au Moyen-Orient, La Conférence préconise la fin de la violence et la reprise rapide des négociations, le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire, le respect du principe de l’autodétermination et la fin de toutes les souffrances, pour permettre à Israël et aux Palestiniens de reprendre le processus de paix, ainsi que de se développer et de prospérer dans la sécurité et la liberté;"
"Le lundi 3 septembre 2001, les délégations d’Israël et des États-Unis
d’Amérique se sont retirées de la Conférence mondiale contre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée."

Chapitre VII
Adoption du Document final
et du rapport de la Conférence
Avant l’adoption du projet de déclaration et du projet de programme d’action,
des déclarations ont été faites et des réserves ont été formulées par les représentants de l’Australie, de la Belgique (au nom de l’Union européenne), du Canada, du Chili, de l’Équateur (également au nom du Brésil, du Canada, du Chili et du Guatemala), de la République islamique d’Iran, de la République arabe syrienne et de la Suisse.

Le représentant de l’Australie a fait la déclaration suivante....
.... Pour ce qui est du paragraphe 7 du texte sur le Moyen-Orient, ma délégation considère que les formules utilisées portent atteinte aux accords auxquels sont parvenus Israël et l’Organisation de libération de la Palestine, en tant que représentant du peuple palestinien, qui visent à parvenir à un règlement juste du problème des réfugiés, conformément aux résolutions de l’ONU relatives à la question, par le biais de négociations directes en vue de la solution de toutes les questions encore pendantes portant sur le statut final...

Le représentant du Canada a fait la déclaration suivante......
.....Si le Canada est encore présent aujourd’hui c’est seulement parce qu’il souhaitait dénoncer les tentatives faites au cours de la Conférence pour dépouiller de sa légitimité l’État d’Israël et pour discréditer l’histoire et les souffrances du peuple juif. Nous croyons, et nous l’avons d’ailleurs dit de la manière la plus claire possible, qu’il est inopportun – erroné – d’aborder le conflit palestino-israélien dans le cadre de cette conférence. Nous avons dit et continuerons de dire que le Canada trouve et continuera de trouver inacceptable tout élément – processus, déclaration ou formulation – qui ne contribue pas à promouvoir une paix négociée qui permette de garantir la sécurité et la dignité et le respect à tous les peuples de la région. C’est la raison pour laquelle la délégation canadienne exprime ses plus vives objections à propos de tout texte figurant dans ce document qui porterait directement ou indirectement sur la situation au Moyen-Orient et s’en dissocie
totalement. Nous déclarons solennellement qu’un tel texte est ultra vires; il ne
relève ni de la juridiction ni du mandat de la Conférence.
Par exemple, le paragraphe 7 s’attaque directement à la légitimité de l’État d’Israël. Envisagé dans le contexte du Moyen-Orient, ce qui est selon nous l’intention, le mot “Israël” est implicite. En conséquence, la formulation utilisée en ce qui concerne le droit de retour des réfugiés n’est pas compatible avec la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Ce paragraphe équivaut à un appel à une violation unilatérale des accords de paix conclus. Son application serait incompatible avec l’accord entre les parties selon lequel la question du retour des réfugiés serait abordée dans le cadre d’un règlement final négocié.
Le paragraphe 7 représente une immixtion fâcheuse et irresponsable de la Conférence dans un des conflits les plus graves du monde. En outre, le Canada
pense et continue de penser qu’il est tout à fait opportun d’inclure distinctement dans le texte de la Déclaration une référence à la nécessité pour nous tous de contrer l’antisémitisme. Le Canada est venu à cette conférence avec des positions très claires sur ce qu’il considère comme important. Nous ne sacrifierons pas nos principes ni déformerons la politique fondée sur l’équité qui est la nôtre depuis longtemps en ce qui concerne le conflit du Moyen-Orient.
Le Canada regrette que la Conférence mondiale n’ait pas été en mesure de reconnaître qu’il y a un lien étroit, parfois indéfectible, entre la discrimination fondée sur la religion et la langue et la discrimination fondée sur le racisme et la xénophobie.....

Le représentant de la République islamique d’Iran a fait la déclaration
suivante..... la Déclaration et le Programme d’action, nous tenons à signaler que nous interprétons le mot “holocauste” comme désignant l’holocauste juif en Europe
et le mot “antisémitisme” comme s’appliquant à la fois aux Arabes et aux Juifs.
Notre message au peuple palestinien est clair et simple. Nous ne ferons jamais de compromis sur ses droits légitimes. Nous sommes profondément solidaires avec lui dans son combat et ses souffrances. Les peuples du monde ne cautionneront pas les politiques et les pratiques inhumaines d’Israël qui sont des manifestations claires du racisme et de la discrimination, comme en témoignent les parties pertinentes du document final présenté par le Forum des ONG à la Conférence mondiale. Nous considérons que les souffrances du peuple palestinien et ses droits légitimes, qui ont été violés massivement et d’une manière flagrante par la puissance occupante raciste au cours des 50 dernières années, n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent.En conséquence, les conclusions auxquelles est parvenue la Conférence en la matière ne peuvent être considérées comme un succès........


Le représentant de la République arabe syrienne a fait la déclaration suivante.......
La Syrie aurait souhaité une formulation plus claire, en particulier en ce qui concerne le Moyen-Orient – je parle ici des pratiques, non pas d’une solution politique pour le Moyen-Orient et Israël, puisque dès le début j’étais d’accord avec les collègues qui ont déclaré que nous n’étions pas ici pour trouver une solution – et bien que la Conférence ne fasse pas partie d’un processus de paix visant à régler le conflit israélo-arabe, nous ne devons pas oublier que des pratiques racistes ont cours dans les territoires palestiniens et arabes occupés. Il va sans dire que nous disposons d’éléments attestant la démolition des maisons, l’utilisation de F-16, le déracinement des individus et des arbres, en particulier les oliviers, les transferts de population, les méthodes consistant à assiéger les localités et à affamer la population, les massacres d’enfants: tous ces actes sont des pratiques racistes et il est évident qu’ils sont perpétrés par Israël. Bien entendu, je sais que certains de nos amis et collègues occidentaux n’aiment pas ce genre de propos mais alors, pourquoi assistent-ils à une conférence comme celle-ci? Néanmoins, mon pays et ma délégation ont coopéré et fait tout ce qu’ils pouvaient pour que cette conférence soit un succès; nous n’avons ménagé aucun effort pour trouver la formulation appropriée à laquelle chacun pourrait souscrire, plutôt que celle qui nous donnerait satisfaction......

La délégation Guatémaltèque formule également des réserves à propos des paragraphes 6 et 8 du document sur le Moyen-Orient soumis par la Présidente de la Conférence; elle ne souscrit pas à ces paragraphes parce qu’ils contiennent des éléments politiques qui devraient être décidés dans les négociations politiques entre l’État d’Israël et l’Autorité palestinienne et qui ne correspondent pas au thème de la Conférence ou ne sont pas applicables à la situation en question, comme le problème des réfugiés. Nous regrettons également que l’antisémitisme et l’Holocauste, les crimes les plus graves jamais commis dans toute l’histoire de l’humanité par suite de convictions racistes, n’aient pas été correctement traités. Le fait de minimiser ces questions ou de vouloir les exclure de la problématique de cette conférence montre qu’il existe encore dans le monde des manifestations graves d’antisémitisme auxquelles nous devrions prêter attention....

La déclaration du représentant de la Lettonie se lit comme suit......
Il nous est extrêmement difficile d’accepter que soient désignés et mentionnés explicitement une région particulière et un État spécifique – Israël – dans les documents finals, ce qui, à notre sens, n’est pas conforme au caractère mondial de cette conférence. La Lettonie a systématiquement exprimé son opinion sur ce sujet pendant les travaux préparatoires de la Conférence et tient à réaffirmer clairement son point de vue maintenant.....


Allocution prononcée par le Secrétaire général
de l’Organisation des Nations Unies, M. Kofi Annan.....
On le voit très bien aujourd’hui au Moyen-Orient. Le peuple juif a été en butte à l’antisémitisme dans bien des régions du monde; en Europe, il a subi l’Holocauste,
l’abomination absolue. C’est un fait qui ne doit jamais être oublié, ni minimisé. Il est donc compréhensible que beaucoup de Juifs soient profondément indignés quand
Israël est accusé de racisme, surtout lorsque, dans le même temps, des civils innocents sont la cible d’attentats terroristes.
Toutefois, nul ne peut demander aux Palestiniens d’accepter que les injustices
dont eux sont victimes − déplacements, occupation, blocus et, maintenant,
exécutions extrajudiciaires − soient ignorées pour la cause. Chers amis, nous ne sommes pas ici pour lancer des accusations. Notre objectif n’est pas de clouer les racistes au pilori, mais d’améliorer le sort des victimes. Nous devons admettre que tous les pays ont des problèmes de racisme et de discrimination à régler. Plutôt que de jeter la pierre à un pays ou à une région en particulier, décidons que lorsque nous quitterons Durban, chaque pays se sera engagé à élaborer et à mettre en oeuvre son propre programme national de lutte contre le racisme, conformément aux principes généraux que nous aurons arrêtés d’un commun accord......

J'ai voulu donc rechercher ce fameux paragraphe 7 qui a révolté nos amis américains et israéliens. Cependant, je n'ai pas trouvé trace de ce paragraphe qui fait tant susciter le débat. Vu mes moyens de recherches très limitées.... J'adresse un appel aux journalistes et autres personnes susceptible d'avoir ce paragraphe sous le main de me le faire passer pour que je puisse avoir un avis général sur la situation.
En 2009, qu'est ce qui a changé, rien, au lieu de discuter sur le racisme mondial, des pays comme le Canada, l'Italie, les USA et Israël qui se disent garant du respect du droit de l'homme et qui se disent combattre le racisme seront absents de ce débat, je pense que ceci est purement de la démagogie et de la fuite de la responsabilité. On dit que le président de l'Iran sera présent et on l'accuse de racisme envers les juifs, il est important de rappeler que le président Iranien est contre l'état d'Israël et pour la restauration du droit international et des droits du peuple palestinien. Certaines des ONG internationales crient au scandale comme le LICRA Ligue internationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, a déclaré sur son site je cite "Alors que la présence du dictateur libyen Mouammar Kadhafi est pressentie, l’ONU a confirmé hier la venue du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à la Conférence d’examen de Durban, qui se tiendra à Genève la semaine prochaine.


La LICRA s’insurge contre la présence, à une conférence censée examiner les dispositions de lutte contre le racisme, d’un chef d’Etat aux diatribes antisémites, qui nie la réalité de la Shoah et appelle à la destruction d’Israël.

La LICRA s’inquiète des conséquences d’une telle visite dans un climat déjà fiévreux.

La LICRA n’accepte pas qu’un personnage au discours abject et à la politique totalitaire professe à la tribune des Nations Unies une leçon de Droits de l’Homme. En conséquence, elle demandera aux membres présents des gouvernements et des ONG attachés à la défense des Droits de l’Homme de quitter la salle.

Si cette conférence bénéficiait jusqu’alors de bien peu de crédits, l’éventuel défilé des plus grands tyrans de la planète à cette occasion finit de tourner en ridicule un rendez-vous dont il n’y a rien à attendre, si ce n’est le pire pour le combat antiraciste."



Photo: AFP/Anna Zieminski
Siège vide du représentant d'Israël à Durban en 2001

Il est vrai que nier l'holocauste est un grave affront au peuple juif, je l'avoue. Cependant, donner a Israël une légitimité et une représentativité du peuple juif est une grave atteinte aux vérités historiques. Il n'est pas impossible de séparer le conflit Israélo-palestinien de cette conférence car il est tout à fait regrettable de le dire mais ce conflit est entretenue et attisé par la haine raciste qui est né d'une erreur monumentale de la part de la communauté internationale, de spolier la terre d'un peuple pour la donner à un autre, ainsi, le tact est un atout majeur et le fait de bouder cette conférence ne fait que montrer au monde entier le manque de dialogue et de volonté pour la paix de la part de l'état hébreux, état voyou qui viole les résolutions onusiennes et qui crie au grand jour le racisme d'autres états, une politique de victimisation qui réussi encore de nos jours. D'autres part la présence de dictateur n'a jamais fait pâlir le moindre des pays cités en haut à venir à quelconque conférence en leurs présence ou de signer des contrats juteux pour spolier ces pays là. Donc, cessons ce mutisme et cette hypocrisie générale.


Carte de Séjour : le sésame convoité



L'espoir d'une vie meilleure, c'est ce que représente la carte de séjour aux yeux de beaucoup de personnes.
Pourquoi, on obligerait quelqu'un d'avoir un certain niveau scientifique ou un travail pour rester dans un pays. Pourquoi les frontières sont fermés. Pourquoi accorder l'asile politique à des gens engagés et qu'on renvoi chez eux des milliers de personnes pour mourir de faim. Pour moi 30 000 expulsions du territoire Français c'est une honte. On nous parle de démocratie, de république mais le mythe Français s'écroule doucement. Certains me répondront si vous n'êtes pas content vous n'avez qu'à retourner chez vous. Vous pourriez vous amusez avec votre démocratie à vous.... C'est pathétique.
30 000 expulsions par an... Mobilisons nous !!!


30 000 expulsions par an on va y arriver

Vidéo de lancement de "30 000 expulsions par an c'est la honte" de S.O.S racisme


Un chiffre un Homme
envoyé par sos-racisme

si vous êtes exposé à quelques racismes que ce soit S.O.S racisme.org

La question noire!

Dieudonné M’Bala M’Bala a été condamné le 26 mai 2004 par le tribunal correctionnel d’Avignon à 5 000 euros d’amende pour « propos racistes » et « injures raciales » après un entretien paru dans Le Monde. Il y dénonçait des « manipulations médiatiques » de la « population juive » ainsi qu’un « lobby [...]

Musulmans, Chinois, Gais,… même combat!

Il y a parois des affiches qui attirent mon attention. Des affiches qui me choquent. Des affiches qui m’interpellent. Des affiches dont je ne me souvient pas 5 secondes après les avoir vues et des affiches qui resteront à vie gravées dans mon esprit! L’affiche ci-dessous m’a surtout choquée. Regardons-la ensemble. Ce qui me choque ce n’est [...]